Affliger (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
(se conjugue comme Bouger ). XII e siècle. Emprunté du latin affligere, « frapper, heurter contre ; jeter à terre, abattre ».
1. Class. Frapper durement et douloureusement ; causer un grand dommage à une personne, à un pays, etc. La famine affligeait la ville. La peste affligeait le royaume. Spécialt. Mortifier, faire souffrir. Affliger son corps par des jeûnes, des macérations.
2. Frapper d'une disgrâce, d'une infortune. La nature l'avait affligé d'un défaut de prononciation. Il est affligé de paralysie. Le sort l'a affligé d'une difformité. Fam. Un homme affligé d'une épouse acariâtre.
3. Abattre moralement, attrister profondément. Cette nouvelle nous a profondément affligés. Son échec afflige ses amis. Pron. Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige de nous savoir dans cet état.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Abattre moralement. "Son malheur m'afflige. Cette nouvelle l'a profondément affligé. Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il devrait se réjouir."
Il signifie aussi Mortifier son corps, le faire souffrir. "Affliger son corps par des jeûnes, des macérations."
Il se dit encore des Calamités qui ruinent un pays. "La famine affligeait la ville. La peste"
Le AFFLIGÉ, ÉE, se dit quelquefois en plaisantant et par antiphrase. "La voilà affligée de cent mille livres de rente."
Il s'emploie aussi comme nom en parlant des Personnes. "Consoler les affligés. Il voulut consoler la pauvre affligée."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Causer un grand dommage, désoler, tourmenter. De longues guerres ont affligé l'Europe. Un grand malheur eût affligé l'État. Être affligé d'une maladie cruelle. Le choléra, parti de l'Inde, vint
FÉN.: « La guerre est le plus grand des maux dont les dieux affligent les hommes »
CORN.: « Je serai du parti qu'affligera le sort »
PASC.: « Il
PASC.: « Quand la mort affligeait un corps innocent »
RAC.: « Si le ciel.... Veut encor m'
BOURD.: « Tout cela [les pénitences imposées par le confesseur] devient impossible ; pourquoi ? Parce que tout cela afflige les sens et qu'on ne prétend rien leur retrancher de leurs commodités et de leurs aises »
BOURD.: « De quelles austérités affligez-vous votre corps ? »
LA BRUY.: « L'on s'insinue auprès de tous les hommes, soit en les flattant dans les passions qui occupent leur âme, ou en compatissant aux infirmités qui affligent leur corps »
2 Causer de l'affliction. Cette mort nous afflige. Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige.
VOLT.: « Je viens de l'affliger, c'est à moi d'adoucir Le déplaisir mortel qu'elle a dû ressentir »
RAC.: « Il m'adore, Phaedime, et les mêmes douleurs Qui m'affligeaient ici le tourmentaient ailleurs »
RAC.: « Je l'affligerais trop si j'osais achever »
RAC.: « Son visage odieux m'afflige et me poursuit ? »
RAC.: « J'ai tantôt sans respect affligé sa misère »
BOURD.: « Ô Dieu, vous plaît-il de m'abaisser ou de m'élever, de m'
Par extension. Ils voudraient toucher les coeurs et ne font qu'
3 Mortifier.
MASS.: « Vous pouvez réparer, en affligeant votre chair, vos voluptés criminelles »
MASS.: « L'austérité d'une haire presque perpétuelle affligeait l'innocence de son corps [de Saint-Louis] »
MASS.: « J'ai affligé mon âme par le jeûne »
MONTESQ.: « Comment as-tu pensé.... que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'
4 S'affliger, v. réfl. Éprouver de l'affliction. S'
BOURD.: « Je m'afflige de voir que.... La contrition est une douleur et, par conséquent, un acte de la volonté qui s'afflige, qui hait, qui déteste »
CORN.: « Sans vous en
RAC.: « Ne nous affligeons point vainement l'un et l'autre »
HISTORIQUE
XIIème siècle
Job, 441: Par veue et paroïe eret il justes, si manoit entre ceaz ki de jor en jor afflient l'arnme [âme] del juste par lor malvaises oevres
ib. 484: Cant la severiteiz de la deventriene [intérieure] visitation enflammet l'afflite pensée encontre soi-mimes....
ib. 476: Elyphas, qui premiers entre les amis Job parolet, si forvat juske al ramponnement del afflit
XIIIème siècle
DU CANGE: « C'est le Baudrain qui fist nostre roi si afflire Que par force le fist desus son arçon gire »
XVème siècle
J. DE TROYES: « Et vers la nuit les Ecossois.... prindrent le roy qui moult estoit las et afflict »
XVIème siècle
MONT.: « Affligé de longue hydropisie.... »
MONT.: « J'ay aultrefois esté employé à consoler une dame vrayement affligée »
AMYOT: « Il n'est pas raisonnable de laisser et abandonner l'affligé en son affliction sans luy donner quelque reconfort »
CHARRON: « Nous souspirons avec les affligés, compatissons à leur mal »
ÉTYMOLOGIE
Wall. affligî, bossu ; de
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Causer de l'affliction. "Son malheur m'afflige. Cette nouvelle l'a profondément affligé."
Il signifie aussi, Mortifier son corps, le faire souffrir. "Affliger son corps par des jeûnes, par des macérations."
Il se dit encore Des calamités qui désolent, qui dévastent, qui ruinent un pays. "La famine affligeait la ville. La peste affligeait le royaume." On dit à peu près dans ce sens: "Dieu a voulu
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi avec le pronom personnel, et signifie, Sentir du déplaisir, de la peine, se faire du chagrin de quelque chose. "Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il devrait se réjouir."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Causer de la douleur, de la peine, du déplaisir. "Affliger son corps par des jeûnes, par des macérations. Dieu a voulu
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Affliger, est aussi réfléchi, et signifie, Sentir du déplaisir, de la peine, se faire du chagrin de quelque chose. "Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il devroit seréjouir".
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Causer de la douleur, de la peine, du déplaisir. "Affliger son corps par des jeûnes, par des macérations. Dieu nous afflige de maladies quand il lui plaît. Dieu a voulu
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
est aussi réciproque, & signifie, Sentir du déplaisir, de la peine, se faire du chagrin de quelque chose. "Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il devroit se réjouir."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
AFFLIGER, ou AFLIGER, v. a. [Afligé, 3e é fer. tout bref.] Causer du déplaisir, de la peine, de la douleur. Il a pour 2d. régime, par ou de. 'Afliger son corps par des jeûnes, des macérations. 'Dieu nous aflige de maladies, de pertes de biens.
- Il se dit aussi avec le seul régime simple (l' acusatif). 'Cette nouvelle l'a extrêmement afligé. = S'afliger et être afligé, régissent l'ablatif. (la prép. de) 'Il s'aflige de tout. 'Nous nous afligeons souvent de ce qui devrait nous réjouir. 'Il a été fort afligé de cette nouvelle: 'il en est singulièrement afligé. 'Il est afligé de la goutte.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Causer de la douleur, faire souffrir, soit au corps, soit à l'esprit. "Affliger son corps par les jeusnes. Dieu nous afflige de maladies. Job fut affligé en son corps & en ses biens. s'affliger soy-mesme.
Emplacement dans le dictionnaire :
| affleurage affleurant affleurée affleurement affleurer afflictif affliction | affligé affligeant afflouage afflouer affluence affluent | affluer afflux affoibli affoiblir affolant affolé affolement |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Anatole FRANCE (Le Lys rouge)...cela ? Non ? C'était un étranger, un inconnu. Elle se dressa debout, et, avec une gravité douloureuse : -oui, j'ai été à lui. Vous le saviez bien. Je l'avais nié, j'avais menti, pour ne pas vous affliger, pour ne pas vous irriter. Je vous voyais inquiet, ombrageux. Mais j'avais menti si peu et si mal ! Tu le savais. Ne me le reproche pas. Tu le savais, tu m'as parlé souvent du passé, et puis on t'a...
Citation n°2 de Alexandre DUMAS fils (Le Fils naturel)
...prétexte, la femme pour rentrer dans la régularité de sa vie d'autrefois, l'homme pour entrer dans une vie régulière. La délicatesse seule retenait encore un double aveu, chacun des deux craignant d'affliger l'autre. Un événement futile, une lettre trouvée a brisé ce dernier lien. Enfin on a prononcé le mot rupture et l'on s'est aperçu des deux côtés, au peu d'émotion que causait ce mot, dont on...
Citation n°3 de Auguste BARBIER (Satires)
...de bonheur tous deux perdre la tête ! Ta fille imprudemment, en public, au grand jour, de quelque beau lion encourager l'amour, et toi, souvent lassé d'un radoteur qui bave, de mauvais traitements affliger ton esclave. Le bonhomme en fureur de tant de dureté peut relever le front, et d'un doigt irrité, sur un bout de vélin, par trois mots d'écriture, punir votre abandon et venger son injure....
Citation n°4 de Jean-Jacques AMPÈRE (Correspondance : t. 1 (1816-1827))
...prendre à de misérables ambitions m'irrite contre ce que je me contenterais de dédaigner. Enfin, pourquoi ne dirais-je pas tout ? Il est une personne qui a la puissance de vous troubler, de vous affliger ; à cette heure, elle est sans doute auprès de vous ; si elle ne vous séduit pas, elle vous charme ; si elle n'est pas aimée, elle est regrettée ; elle a une destinée brillante, une gloire, une...
Citation n°5 de Félicité-Robert de LAMENNAIS (Lettres inédites …à la baronne Cottu (1818-1854))
...avait vaincue, et qu'il ne vous est pas permis, dans l'incertitude où vous êtes sur vos futures destinées, de nourrir volontairement. Voilà ce que j'ai dû vous dire, même avec la certitude de vous affliger ; voilà ce que, plus tard, vous me saurez gré de vous avoir dit. C'était de ma part un devoir pénible, et jamais je ne vous donnai de marque plus certaine d'attachement. Vous avez été sur le bord de...
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici
Usage du mot
- Ce graphique vous montre la manière dont ce mot a été utilisé à travers les âges.
